LatinTour Chapitre 4 : 450km d’auto-stop en Argentine

9h de bus, un passage de frontière vers l’Argentine, un pneu crevé, et un blocage plus tard, j’arrive enfin à Rio Mayo. 

Souhaitant rejoindre la route 40, traversant l’Argentine du Nord au Sud, Rio Mayo, qui est un village-étape de la fameuse route, est un passage obligé depuis Coyhaique. Il n’y a pour ainsi dire, rien, et je suis visiblement la seule touriste présente. J’apprends qu’il n’y a pas de bus pour El Bolsón avant le lendemain. On me dit de me placer à tel rond point, et de le héler au moment où il passera ( 8h du matin, 10h, 12h, personne ne sait vraiment ) !

Je trouve un camping municipal gratuit. Les gens sont très agréables ici, je me fais même offrir du chocolat à l’épicerie du coin ! À l’exception d’un groupe de mecs plutôt lourds ( ça ne sera clairement pas là première fois que je me sens considérée comme un bout de viande en Amérique latine ( en France aussi d’ailleurs )). Je trouve un petit comedor familial : la grande pizza et la bière pour 3€ !

Nous sommes deux clients dans le camping : moi et un tchèque, qui dort littéralement à la belle étoile. Il descend le continent à vélo depuis l’Alaska, et ce depuis un an et demi ! 

Naïve que je suis, je pars attendre le bus à 8h, pour être sûre ( j’avais oublié être sur les horaires latins : pas vraiment d’horaire, ou alors en retard ). Résultat : j’attend le bus jusqu’à midi, rien ne vient. Lassée d’attendre, je décide de partir en auto-stop.

Je marche un petit moment, avant de recroiser deux gars que j’avais vu faire du stop un peu plus tôt. Je les dépasse d’environ 100mètres. Une voiture s’arrête pour eux ! Sur le moment, je me dis qu’une voiture qui s’arrête pour deux mecs, a moins de chances d’être mal intentionnée, et je cours pour les rejoindre : il y a une troisième place ! 

Le quinquagénaire qui nous prend me parle d’Esquel, une centaine de kilomètres avant el Bolsón, et d’un parc national aux alentours. Il nous avance d’une soixantaine de kilomètres, avant de nous laisser au croisement d’une route.

Nous sommes complètement paumés, au milieu de la pampa, et je réalise que les deux gars que j’ai suivis ne sont pas de ceux qu’on suivrait comme ça de visu : leurs sacs sont des poches collées, rattachées par des lanières qui ont bien vécues, leurs habits sont quasiment tous troués, il manque plusieurs dents à l’un, et l’autre à une balafre à l’oeil. De plus, ils ont au moins 40ans. Je reste sur mes gardes, et prie ma bonne étoile.

Après environ 10min d’attente, une voiture s’arrête pour nous ! Il nous amène sur quelques dizaines de kilomètres, et, aussitôt descendus, voilà qu’on nous reprend pour continuer le chemin ! Un gars pas très bavard mais sympa, nous avance sur 150km, jusqu’à ce que l’on atteigne un poste de police avec contrôle obligatoire.

Là, j’ai un mauvais pressentiment : la Suisse, à Ushuaïa m’avais parlé d’un contrôle de police très étrange sur la route 40, à peu près à ce niveau, dont elle était ressortie sans sa carte bleue ( elle s’en était rendue compte après coup ). Étant donné que la pampa Argentine compte des zones de 300km sans âme qui vive, il est tout à fait possible qu’il s’agisse du même. 

Une policière m’enferme seule dans une chambre avec elle, pour me fouiller. Je prends l’attitude d’une pauvre jeune fille, et insiste sur le fait que je campe et me déplace en stop, afin qu’elle ne me prenne pas pour une gringa remplie d’oseille, et laisse mes affaires tranquille. Elle ne me prévient pas avant de me palper, et me touche assez dédaigneusement.

Je cache, sous toutes mes couches de vêtements, ma banane, avec tout mon liquide, et ma carte bleue. Elle soulève mon sweat, et ne voit pas la banane, à 1cm près ! Elle regarde mon petit sac. Heureusement pour moi, il commençait déjà à se découdre, et n’en émergeait qu’une part de pizza de la veille, et un livre bien amoché. Elle me pose pas mal de questions sur la drogue, et me laisse finalement partir, avec, après vérification, toutes mes affaires ! 

Le gars de la voiture, malgré le fait que l’on ressorte tous clean du contrôle de police, prend peur et nous laisse sur place. C’est peut être de la paranoïa, mais, un des impacts présents sur le pare-brise de sa voiture, me laissait penser que lui, par contre, n’était peut-être pas si clean que ça.

Nous sommes à l’orée d’un petit village, Gobernador Costa : nous nous postons à la fin. Un de mes deux compagnons de stop prie aux Gauchito Gil ( petits autels religieux, placés à l’entrée et à la sortie de chaque village Argentin ). On se retrouve à attendre plus de 2h, et il est déjà 18h. Sachant qu’il n’y a ni hôtel, ni camping ici, je commence à m’inquiéter. J’avais cependant mal jugé les deux gars, qui sont adorables, ( je leur rappelle leurs filles ). Un des deux est d’un optimisme admirable, et il a bien raison, puisque finalement une voiture s’arrête ! 

En outre, nous nous rendons compte en discutant, que le sexagénaire qui nous prends, avait également conduite mon amie Suisse, un peu plus tôt dans le mois ! Il nous amène 80km plus loin. Il comptait dormir sur place, et faire les derniers 100km qui le séparaient d’Esquel le lendemain, mais il décide de nous emmener à Esquel ce soir, car le courant passe bien ! Nous faisons une pause, et je papote avec deux marseillais, qui font le plein de leur camping-car ( décidément, plus rien ne m’étonne ).

Notre conducteur prépare le maté, qu’on lui sert en conduisant. Il me parle de la politique Chillienne et Argentine : j’en apprends beaucoup, et comprends mieux les problématiques locales, les réalités. 

Il nous laisse au dernier croisement, à 12km d’Esquel. Même si personne ne nous prend, on en aura pour environ 2h30 de marche, et atteindra la ville avant 23h. Nous nous mettons en route, tout en levant le pouce, et un étudiant nous emmène au centre-ville.

Mes amis dorment à la rue depuis le début de leur périple. Je leur propose de leur payer une auberge : ils refusent. Ils s’assurent cependant que j’en trouve une pour moi, me donnent du pain, et s’en vont continuer leur vadrouille. Demain, ils reprendront le stop jusqu’à Bariloche, où ils espèrent trouver du travail. Je trouve mon auberge, et, enfin  » en sécurité « , fond en larmes : ces 450km de stop, la rencontre de mes deux compères qui se sont avérés géniaux, le contrôle de police, beaucoup de stress aujourd’hui, je peux enfin relâcher. 

Le lendemain, je dors tout la journée. Le soir, les gens de l’auberge partagent des pizzas géantes et des bières avec tout le monde ! Il y a une super ambiance, et je sympathise avec un volontaire Irlandais. On sort tous dans un bar, puis dans un autre, où on joue au billard pendant des heures. Le lendemain, je fais quelques courses, histoire d’économiser un peu, et vais au Centre culturel de la ville avec l’Irlandais. L’après-midi, je me pose dans les hamacs de l’auberge, pour profiter du soleil, après ce petit mois à 0°. 

Le lendemain, je vais me balader à la Laguna Zeta, à un peu moins d’1h30 de marche d’Esquel. Le lieu est agréable, reposant, ensoleillé, et quasi désert ce jour là. En rentrant, je vais au musée du coin avec l’Irlandais. Il retrace l’histoire de la ville, et permet d’en apprendre plus sur le peuple Mapuche et leur lutte ( Minorité ethnique Chillienne et Argentine ). Demain, je partirai camper quelques jours dans le parc national Los Alerces. 

Veuillez m’excuser pour le peu d’illustrations, comme vous pouvez vous en douter, je n’ai pas pris beaucoup de photos pendant cette partie du périple ! 

À suivre : Une rencontre inattendue…

J’espère que le quatrième chapitre de mes Carnets de voyage vous a plu ! Si c’est le cas, je vous invite à le partager, et à jeter un œil sur mes articles plus explicatifs, où je donne plein de conseils sur le voyage, les doutes que l’on peut y associer, et sa préparation !

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3 commentaires

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