LatinTour Chapitre 3 : Une lagune perchée au milieu des montagnes, et camping dernière minute !

Nous arrivons, avec l’Argentin, à El Chaltén, après 4h de bus. Je croise encore la Canadienne au terminal ( comme à chaque terminal de bus depuis Ushuaïa ! ). Le village est très enclavé. Il donne l’impression d’avoir été posé, lui et son centre touristique ( goudron partout, ambiance machine à fric ), au milieu des montagnes Patagoniques. En plus du mauvais temps, il y a un petit côté  » cage « , assez oppressant, qui dénature le cadre : je ne m’y sens pas à mon aise.

Nous peinons à trouver une auberge sous la pluie. Après quelques efforts pour en trouver une qui ne soit pas complète, nous pouvons enfin nous mettre au sec. Il y a deux françaises dans le dortoir, d’une quarantaine d’année, bloquées pour trois jours, car toutes leurs affaires sont imbibées d’insecticide:  elles ont attrapé des puces de lit !

Nous buvons du mate ( à lire  » maté  » ( de l’herbe à thé dans un petit pot en céramique, une épaisse paille en fer ou en bois ( beaucoup se trimbalent un thermos depuis lequel elles versent régulièrement de l’eau très chaude ))).

Le soir, c’est Halloween. Nous sortons dans un bar, où nous rencontrons un américain. Il travaille en Afghanistan, où il est pilote de ligne ( il ne travaille pas pour l’armée ). Nous rencontrons également une Polonaise, déjà bien éméchée, et une française, qui étudie à Buenos Aires. 

Je goûte un alcool typiquement Argentin : le Fernet. Le goût est très étrange, mais on s’y habitue, gorgée après gorgée ( on se demande bien pourquoi haha ). Il est rare de le boire pur : il se boit souvent avec du coca, ou bien mentholé, avec du sprite. Les européens que j’ai rencontrés ne l’apprécient généralement pas plus que cela.

Nous changeons de bar, plus local, mais il ferme peu de temps après. El Chaltén reste un petit village rempli de touristes, et pas des plus respectueux ni des plus agréables ( quand les prototypes de l’impérialisme blanc s’invitent en Patagonie ) ! Nous rentrons finalement à l’auberge, bien éméchés.

Le lendemain, nous réussissons tant bien que mal à nous réveiller, et à se motiver pour le trek de la Laguna de los tres. Nous partons avec l’américain de la veille, et la polonaise, que l’on perdra en cours de route ( elle fait de l’asthme ). Il est possible de camper sur le chemin, mais, vu la météo, je n’en ai pas grande envie. De plus, j’avoue avoir envie de plier l’étape  » El Chaltén  » assez rapidement.

Nous marchons sur du plat pendant environ 4h, avant d’entamer la dernière heure d’ascension, dont le dénivelé est élevé ! Cela glisse beaucoup, et mes chaussures, qui ne sont absolument pas faites pour la montagne, rendent la situation assez cocasse.

Nous arrivons finalement en haut, sur un plateau de neige, et une vue imprenable sur la Laguna de los tres ! Nous restons un moment en contemplation, fascinés par une telle beauté de la nature : un paysage unique et prenant. Il est fascinant de se dire qu’après 5h de marche, au beau milieu des montagnes, se trouve une lagune aussi bleue ( j’en avais déjà vues au Pérou, mais celle-ci me laisse pantoise ), surplombée par le pic du Fitz Roy !

L’américain, qui avait un superbe appareil photo sur lui, nous prends de très beaux clichés. Je suis heureuse de pouvoir faire un bonhomme de neige, même si sa tête aurait été controversée haha. 

 

Nous rentrons au village, le soir, après 4h de marche ( la playlist de l’américain est très agréable ), épuisés. Je sors manger, et le moins qu’on puisse dire est que je ne passe pas un bon moment, à cause de deux mecs assez lourds. Je rejoins les autres, un court moment, pour boire une bière, malgré la fatigue. 

Le lendemain, l’Argentin doit rentrer chez lui, à Rio de la Plata, car il n’a plus d’argent, et car il devra reprendre ses études d’ingénieur. Il se confie à moi sur des sujets qui le touchent. Il était parti sur un coup de tête, mais se retrouve contraint de rentrer. J’essaie de lui faire reprendre du poil de la bête, en lui exprimant tout le positif qu’il m’inspire, mais ne réussi qu’à le faire pleurer. Tristes au-revoirs : ce fut une belle rencontre qui m’aura marquée !

J’achète mon ticket de bus pour la ville de Perito Moreno ( une ville, pas le glacier ), à mi chemin entre El Chaltén et Bariloche. Cela me coûte 60€ !

Le vent qui souffle dehors est extrêmement fort, tant, que marcher me demande des efforts quand je suis à contresens, et me fait courir quand je suis en face ! Il est si fort que les poteaux électriques de la ville s’effondrent, et requièrent la présence des pompiers, de la police, et des gardes parcs ! L’électricité se coupe dans toute la ville, et je discute toute l’après-midi avec les deux françaises.

Nous buvons une bonne soupe : l’une d’elles car elle souffre du syndrôme  » gueule de bois « , et moi pour me réchauffer. Je me rend au terminal de bus ( sous des trombes d’eau ), où je recroise la fratrie Néo-zélandaise, qui avait marché un moment avec nous, au retour de la Laguna. 

C’est un bus de nuit : j’arrive donc au petit matin à Perito Moreno, où j’attend pendant 4h un collectivo pour Chile Chico, afin de passer la frontière Chillienne. Je souhaite atteindre Puerto Río Tranquilo, mais le seul bus en partance, aujourd’hui, me ferait arriver vers minuit. Comme j’ai l’intention de camper là-bas, je préfère arriver de jour, histoire de voir ce qui m’entoure.

L’hôtel le moins cher de Chile Chico me coûte 23€ la nuit ! En outre, malgré la réservation sur Booking, je me retrouve à attendre 1h devant ses portes, car les propriétaires dormaient…( il était 18h ). Je n’ai pas de numéro Argentin pour les appeler. Ils se réveillent finalement avec l’appel que j’ai pu passer depuis le téléphone d’un passant. J’appelle mes proches, et me réveille le lendemain, revigorée, avec l’appel d’un autre proche. 

Le lendemain, comme nous ne sommes que trois passagers à se rendre à Puerto Rio Tranquilo, la compagnie de bus décide de nous y emmener en voiture haha. Le paysage est magnifique, et je papote avec une Chilienne âgée. Après environ 3h de route, nous arrivons.

Le petit village est situé au bord d’un lac, très mignon et je me trouve un petit camping de dernière minute, Rio Chirifo. Comme je suis la seule cliente, le propriétaire me propose de planter ma tente en plein milieu du refuge ( le sol est en terre, et les murs et le plafond en tôle ) ! Il me fait un prix pour trois nuits : il est assez drôle et très sympa ! Il compte me laisser le camping pendant deux jours.

Mon camping dernière minute !

Un couple de belges ( partie flamande ) arrivent au camping, et m’offrent un bon verre de vin. J’ai accès à la WiFi via un petit boîtier : j’en profite pour appeler mes proches, car cela m’amuse de pouvoir leur parler depuis l’endroit paumé où je me trouve. 

Il vente et pleut énormément, durant toute la nuit. J’étais venue spécialement pour voir les Cathédrales de Marbre ( grottes de marbre, s’étant formées au bord du lac avec l’érosion ), mais ils interdisent la navigation pour la journée : trop de vent.

J’écris toute l’après-midi au camping, dont mes carnets de voyage, profite du calme du lieu, et reconnecte un peu. Je place une couverture en guise de tapis de sol ( ma doudoune isolait déjà bien le froid, mais la couverture renforce son effet ).

Le lendemain matin, j’écris encore un moment, et accède enfin aux Chapelles de marbre ( divers noms leur sont attribués ). Avec la couleur du lac et les falaises, les grottes, qui sont une autre merveille naturelle selon moi, j’en prends plein les yeux. De plus, au retour, le vent se lève à nouveau, et le bâteau se transforme en montagnes russes ! 

De retour à mon petit camping de dernière minute, le boîtier wifi n’a plus de batterie ( je chargeais également mon téléphone dessus, ainsi qu’une ampoule que le propriétaire m’avait donnée ). Un de ses amis Vénézuélien m’indique de me rendre au  » coin de telle rue  » ( ce qui est très fréquent en Amérique Latine ).

Je me retrouve donc à traverser le village avec ce boîtier qui pèse bien plus que ce qu’il n’y paraît, en essayant de capter le peu de réseau que j’ai d’une main, pour le retrouver, et en tentant de comprendre au téléphone ce qu’il me dit, en tournant en rond. Les villageois me regardent de la tête au pieds,  » mais que fait cette gringa  » haha. Tout à l’arrache, c’est un peu ça le mood Amérique latine !

Trois Colombiens et un Argentin arrivent au camping. Je leur montre les installations : le propriétaire m’avait invité à accueillir les clients, comme si je travaillais là-bas ( il me confie son camping au bout de trois jours haha ). Ils partagent leur repas et leur vin avec moi.

Pure coïncidence, le colombien reconnaît un bracelet que je porte : c’est le bracelet d’une auberge Péruvienne, que j’ai conservé depuis que j’y suis allée il y a deux ans, et ce gars là est le propriétaire de l’auberge !

Nous discutons un moment, et il me propose de l’ayahuasca ( drogue chamanique provenant d’un cactus, aux effets puissants, malheureusement trop utilisée par les touristes pour  » se taper un trip « , alors qu’elle nécessite tout un rituel, et une préparation psychologique ), que je refuse.

Je pars tenter le stop pour rejoindre Chile Chico. Seulement deux voitures passent en 1h30, et je n’ai pas la motivation d’attendre : je prends le premier bus qui part d’ici, en direction du Nord.

C’est donc par hasard que j’arrive à Coyhaique, où je tombe sur deux français très sympas. Je commence à lire un livre, mais abandonne l’idée car il ne me plaît pas ( ayant terminé le mien, j’attend d’en trouver un dans une auberge, afin de l’échanger, ce que font les voyageurs pour pouvoir lire tout en économisant des sous et de la place dans son sac).

J’ai été assez surprise de découvrir, ces derniers jours, que le Chili est quasiment aussi cher que la France, et que même si les gens sont relativement sympas, ce n’est pas la même serviabilité qu’en Argentine. Demain, je partirai en bus pour Rio Mayo.

 

À suivre : 450km en stop, et la peur de ma vie !

J’espère que le troisième chapitre de mon Carnet de voyage, et mon petit camping de dernière minute vous ont plu ! Si c’est le cas, je vous invite à le partager, et à jeter un œil sur mes articles plus explicatifs, où je donne plein de conseils sur le voyage, les doutes que l’on peut y associer, et sa préparation !

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